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Etude

Le SEPA en entreprises

THEMES ABORDÉS :
  • Réglementation
  • SEPA

Pour les Trésoriers français, le SEPA n’intègre pas suffisamment les besoins des entreprises.

La standardisation européenne des paiements doit aller jusqu’au maillon banques-entreprises. Elle doit aussi harmoniser les autres instruments qu’elles utilisent, en premier lieu le virement de trésorerie et le TIP (Titre Interbancaire de Paiement). Enfin, les Trésoriers se montrent inquiets sur les failles sécuritaires du prélèvement SDD.

CONTEXTE

Six mois après l’échange des premiers virements SCT, les virements européens ne représentent encore que 0,3% des volumes vus par l’ABE Clearing.

Cette étude, conduite d’avril à juillet 2008, fait le point sur les projets SEPA en cours et des intentions des Trésoriers d’entreprises françaises mi-2008. ADN’co a interrogé vingt-trois grandes sociétés (plus de 500 employés), fortes utilisatrices de moyens de paiements, dont les deux tiers ont une activité importante hors de France.

SYNTHÈSE DE L’ÉTUDE

Bien informés, les Trésoriers interrogés sont une minorité (20 %) à faire du SEPA une priorité. En effet, les échéances éloignées du SEPA sont perçues comme susceptibles de bouger. En outre, ils manquent de plusieurs éléments de décision : une offre des éditeurs de logiciels ; un cadre juridique certain pour le prélèvement SDD ; une vision des protocoles compatibles avec les formats SEPA pour échanger les données de paiement avec les banques.

L’étude souligne en outre l’extrême diversité des impacts ressentis par les Trésoriers en fonction de la couverture géographique de leur société et du rôle, critique ou non, des instruments de paiement SEPA dans leur quotidien.

A un extrême, les entreprises de l’industrie se sentent peu concernées. A l’autre, celles de la distribution sont très impliquées, mais en suiveurs, la carte étant la moins contrainte par le SEPA. Au milieu se situent les entreprises de services, plus contraintes, mais pas encore mobilisées sur un projet d’entreprise opérationnel.

Un chantier pour 2009
  • Dans leur immense majorité, les Trésoriers rencontrés n’envisagent aucun démarrage des travaux avant 2009 :
  • Etude d’impact de l’emploi du virement, puis du prélèvement européens.
  • Mise en conformité des bases de données et des systèmes d’information pour l’emploi, en national, des nouveaux identifiants internationaux BIC et IBAN et pour intégrer les solutions de communication bancaire (logiciels, sites de banque à distance, protocoles).

Les chantiers les plus structurants (gestion du mandat de SDD) ou les plus ambitieux (optimisation des processus de paiement) ne sont pas encore programmés. Seules deux entreprises interrogées prévoient d’être prêtes, pour le SDD, fin 2009.


Un besoin d’accompagnement des banques

Sondés sur leurs attentes lors de la transition au SEPA, les Trésoriers ont insisté sur l’accompagnement par leurs banques. Des services complémentaires aux instruments SEPA de base sont vivement souhaités : conversion des références nationales (RIB) en IBAN et BIC ; vérification lors de l’envoi des opérations ; gestion des mandats de SDD.


Des retombées positives pour les Trésoriers

Une majorité des Trésoriers (52 %) affirme poursuivre l’objectif ambitieux d’exploiter les synergies offertes (réconciliation automatique, centrale de paiement). Pour autant, seuls 17% ont déjà démarré leurs travaux en ce sens. En regard, une infime partie de ceux qui affichent un simple projet de mise en conformité a effectivement démarré le projet.


Des freins restant à desserrer

Préoccupés par l’ampleur de la charge de travail requise par la migration au prélèvement SDD, puis par sa gestion courante, les Trésoriers déplorent l’incertitude actuelle sur les délais de contestation des fonds recouvrés par ce futur instrument. Surtout, ils s’inquiètent de la forte fraude que susciterait un instrument insuffisamment contrôlé et sécurisé.
Enfin, ils reprochent à l’EPC de traiter partiellement les enjeux de l’unification des paiements.

Contact :

Guillaume de LONGEAUX, consultant SEPA et Marchés européens
Tél. : + 33 (0) 1 44 71 95 43