1 - Effervescence autour du paiement et de l’acceptation mobiles- L’actualité française de ce mois-ci a été marquée par l’annonce d’un nouveau pilote de paiement mobile, sous l’impulsion du groupe BPCE, en partenariat avec Visa. Par rapport à ses prédécesseurs, sa particularité est d’être basé sur la solution de DeviceFidelity, où la fonction NFC est incluse dans une carte microSD, permettant d’équiper n’importe quel téléphone.
- Ce lancement contraste avec l’actualité internationale où la tendance est à l’émergence de solutions visant à suppléer le NFC, dont l’avenir semble incertain, malgré les annonces répétées des acteurs du secteur. Zoosh (Etats-Unis) annonce ainsi une solution basée sur la signature sonore (ultrasons). Quant à la banque ANZ (Nouvelle Zélande), elle a annoncé l’arrêt du pilote de paiement mobile lancé avec Visa, déclarant que la solution technique basée sur une carte microSD « n’avait pas donné satisfaction ».
- En parallèle, les opérateurs télécoms et fabricants continuent de développer des solutions de paiement indépendamment des acteurs financiers, comme en ont témoigné les JV montées aux Etats-Unis, en France et au Royaume-Uni ; c’est le cas ce mois-ci d’Ericsson qui annonce une solution européenne de transfert d’argent, par mobile ou par Internet (Ericsson Money).
- Par ailleurs, de nouvelles solutions d’acceptation des paiements émergent encore pour répondre aux problématiques de mobilité : TPE sans contact proposés par Ingenico dans les taxis londoniens (Royaume-Uni), solution d’acceptation sur mobile, baptisée Kudos (Canada). Notons également que Square, le précurseur américain en la matière, avec sa solution permettant de transformer un iPhone en terminal de paiement, a réussi à lever 100 millions de dollars de fonds, ce qui valorise l’entreprise à plus d’un milliard de dollars. L’entreprise, qui aurait distribué environ 500 000 modules aux Etats-Unis, enregistre 3 millions de dollars de transactions par jour.
- Enfin, le mobile est également au cœur des préoccupations en matière de lutte contre la fraude, avec, d’une part, la détection des premières fraudes sur mobile (notamment sur la plate-forme Androïd) et, d’autre part, le lancement d’applications d’authentification sur mobile (authentification biométrique pour certaines applications de m-banking de Bankinter en Espagne).
2 - L’innovation est également portée par les nouveaux services. C’est en particulier le cas sur le segment du paiement sur Internet. Ce marché arrive à maturité, en même temps que l’e-commerce, d’où la nécessité de proposer des nouveaux services à valeur ajoutée permettant aux e-commerçants de se différencier, la transaction de paiement étant au cœur de la satisfaction des clients internautes. C’est dans cette perspective que
Monext (France) annonce le lancement d’une option baptisée
« Le 2ème moyen de paiement », permettant de lutter contre les abandons de panier, suite à l’échec d’une transaction (en cas de dépassement de plafond).
Sur le marché des cartes, certains émetteurs misent également sur les services pour enrichir le contenu de leurs programmes et se différencier. Ainsi, la
Commercial Bank of China (CMB – Chine) a passé un accord avec le
1er réseau social chinois, Renren, pour émettre une carte cobrandée exploitant les fonctions sociales du réseau (en particulier le couponing géolocalisé).
3 - Sur le segment du libre service bancaire, c’est l’innovation technologique qui stimule le marché ce mois-ci, avec la mise sur le marché d’automates qui révolutionnent les usages par leur ergonomie ou leurs fonctionnalités : c’est le cas d’
Itautec (Brésil) avec des automates sans contact utilisant une technologie de projection d’images en 3D ; ou encore de
Sberbank (Russie) qui offre à ses clients de souscrire des cartes de crédit et utilise pour cela un logiciel d’analyse vocale inspirée du détecteur de mensonges.
4 - L’actualité réglementaire, notamment autour des commissions d’interchange, est également marquante ce mois-ci, avec d’une part la parution des premières
recommandations de la commission Mallié au sujet des commissions cartes, suivies de l’annonce officielle du Groupement des Cartes Bancaires et, d’autre part, celle des
dates officielles de bascule SEPA.
- Côté interchange carte en effet, l’été s’annonce riche. La Réserve Fédérale américaine a ainsi opté pour un plafond à 0,21 dollar sur les cartes de débit, contre 0,12 dans son projet de janvier. A cet élément fixe s’ajoutent 0,05 % du montant, plus un cent reflétant une part des coûts de fraude. Cette réglementation, ressemblant étrangement à la formule de la CIP* « CB », s’appliquera à partir du 1er octobre 2011.Elle entraînerait une perte de recette de 50 % pour les émetteurs, en retrait sur le recul de 75 % correspondant au projet initial.